Publiée le par Membre Masqué

Encore une grande et superbe aventure que de boucler ces 75,5 km du trail des Hospitaliers, à Nant dans l’Aveyron.
Après un départ à la frontale à 5h00 du mat’ dans les ruelles de Nant, remontée sur le Larzac, et traversée du bas du Causse Noir pour rejoindre Sauclière. Des sentiers, essentiellement en monotrace, quelques ruisseaux à franchir. Terrain peu glissant quoiqu’humide.
Pluie fine de temps en temps, un peu de brume. Premier ravitaillement en eau à 15,880 km, première barrière horaire également. Il est environ 07h15 et il fait jour, je range ma frontale.
Descente vers Saint-Jean du Bruel par des pistes équestres, puis remontée vers le Saint Guiral, point culminant de la course, à 1366 mètres d’altitude, exposé au Mistral, +4°C seulement vers 11h00 du matin. Je ne profite pas du panorama. La vue sur les Cévennes est bouchée par une épaisse couche de brume.
Puis descente vers Dourbies. Les paysages sont magnifiques, couleurs automnales rouge et orange, des champignons sur le bord du sentier : amanite des Césars (oronge), mais pas le temps de les ramasser.
Descente, façon de parler … Les bâtons sont indispensables dans les raidillons et « murs » qui se succèdent sans discontinuer jusqu’au 44ème kilomètres. J’y suis à midi. Déjà 7 heures de course, un peu plus de la moitié de la distance, mais les difficultés n’ont pas vraiment encore commencé.
Je retrouve mes deux amis avec qui j’avais pris le départ, Jean-Marc et Sandrine. Un peu plus rapide que moi de 5 minutes, ils m’ont passé avant Sauclière en fait.
Impératif : Refaire les niveaux de la poche à eau et des deux bidons, changement de tee-shirt et de buff pour être au sec, soupe et toasts au roquefort.
Puis nous repartons ensemble en petites foulées pour un court tronçon de 12 km environ jusqu’à Trèves. Mes compagnons de route me distancent légèrement.
Ouch, un peu plus de deux heures, les cuisses commencent à se faire raides. J’ai quelques légères douleurs en arrivant à Trèves.
Deux passages techniques en descente ont été sécurisés avec des cordes.
Courte pause à ce troisième ravitaillement pour à nouveau refaire les niveaux de liquide, bol de soupe et roquefort, ne pas s’asseoir (surtout ne pas s’asseoir) et nous repartons à nouveau tous les trois.
Au 54,500ème km, nous sommes parfaitement dans les clous pour la barrière horaire, avec 1h30 d’avance sur notre planning. Donc aucune raison de stresser. Un espoir de boucler en moins de 14h00 ???
Et là, au 3ème kilomètre, en faux plat à flanc de coteau, je commence à me faire distancer petit à petit. Je ne les reverrai que sur la ligne d’arrivée, qu’ils franchiront évidemment bien avant moi !!!
Monotrace en pierrier à flanc de coteau. Montée, descente, montée, descente … Le tracé a été modifié entre Trèves et Verrières en raison d’un aigle royal (que je ne verrai pas) qui loge ici, et du coup, nous empruntons la rive droite du Trévézel.
Parcours plus que technique (si, si, ça existe), d’une beauté à couper le souffle.
Changement de vallée avec une descente brusque sur le versant ensoleillé, et remontée toute aussi brutale, avec cheminement dans une petite gorge très humide, avant d’arriver sur le haut du Causse Noir à hauteur du hameau de Saint-Sulpice. Beau bouquet de girolles sur ma gauche. Au moins 5 kilos. Pas le temps de les cueillir...
Descente vers Cantobre avec quand même deux ou trois « coups de cul » interminables.
Site extraordinaire, mais je commence à être sérieusement entamé physiquement.
Arrivée au dernier ravitaillement, avec juste 35 minutes d’avance sur la barrière horaire. Cela passe, c’est l’essentiel. Mais surtout, ne pas craquer, ne pas s’asseoir.
La bénévole au stand crêpes me fait remarquer que vu mon retard sur le dossard 49 (Jean-Marc) je ne dois pas perdre de temps à en manger … je rigole, en prends une et repars.
Je ne refais même pas les niveaux, l’arrivée est à portée de baskets, ça sent l’écurie. Je change juste les piles de ma frontale, la nuit vient de tomber alors que j’entrais dans la salle.
Et pourtant, malgré mon enthousiasme, je ne peux plus trottiner sur les faux plats, et la dernière montée pour se hisser sur le Causse Bégon, me paraît insurmontable. Je parcoure pourtant ces 2 km de monotrace sinueuse à flanc de paroi rocheuse pour grimper de 800 mètres.
J’essaie de relancer sur les deux km de plateau. Difficile, quand les muscles ne suivent plus.
Puis c’est la descente hyper technique du roc Nantais, sur 2 km avant la dernière route vers l’arrivée. Certains passages sont assurés avec des cordes.
Je passe la ligne d’arrivée. Mes deux amis, ainsi que les Poitevins qui m’ont accompagné sur ce trail m’attendent. Photos, embrassades.
15h00 et 47 secondes.
Nous filons au Grand Café pour une série de demis. Puis le repas des coureurs dans la grande salle municipale non loin de là.
Retour à la chambre d'hôte, douche et gros dodo jusqu’au petit matin.
Retour sur Poitiers le lendemain lundi.
Courbatures dans les cuisses, pas d’ampoule aux pieds, mais les cervicales un peu sensibles à force de regarder mes pieds dans la lueur de la frontale.
En résumé, une préparation qui n’a pas pris assez en considération le dénivelé, d’où les douleurs dans les quadriceps. En revanche, un travail au seuil qui m’a permis de compenser la lenteur des montées, en « envoyant du bois » dans les descentes et à plat.
Conclusion : entrainement pas totalement catastrophique, mais à repenser.
Chiche qu’on aligne plusieurs P’tits Moteurs au départ l’an prochain !!!